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Michele Guido
Exposition du 20 au 25 novembre 2006
À loccasion de cette exposition personnelle à la Galerie du Tableau, l'artiste italien Michele Guido élabore un projet specific site composé d'une pelouse et trois photographies. Les 16 m2 de l'espace sont entièrement recouverts dherbe pendant que sur un des murs sont proposées trois images qui reproduisent, d'un point de vue extrêmement rapproché, la même pelouse recréée en galerie. Aussi sil sagit d'un point de vue qui part dune installation et dun ensemble plus complexe déléments, le travail ici exposé reprend les aspects les plus typiques de la recherche photographique de Michele Guido : la question du glissement continu parmi des expériences perceptives différentes, celle purement visuelle et celle tactile, et le renversement des plans d'observation. Le spectateur se trouve face à la possibilité d'une appropriation synestetique du lieu dans lequel confluent observation et expérience de l'espace.
À l'intérieur de la galerie, on se promène sur une vraie pelouse et, en même temps, on observe, face à nous, une ligne d'horizon idéale dans laquelle l'objet - lherbe sur laquelle nous nous promenons - plutôt que disparaître en éloignement, s'impose à notre regard comme si nous nous y trouvions tout à coup plongés. Les photographies posées en succession sur le mur composent un tracé idéal qui met à feu uniquement la ligne décrite par nos pas et en même temps par notre regard.
La recherche de Michele Guido se situe entre photographie et installation, parcourant une double direction : annuler la distance espace-temps parmi l'expérience purement visuelle d'un objet et celle, tactile, pour les faire coïncider. L'objectif de la machine photographique est assumé par l'artiste telle une sorte de prolongation de loeil, pendant que liris devient une surface sensible comparable à la pellicule photographique, sur laquelle simpriment les images. Le jardin est le lieu privilégié de cette recherche suspendue entre sensibilité contemplative et tactile où observation et action, oeil et main, collaborent. La machine photographique est une prothèse qui augmente la puissance du regard au point de pénétrer la surface de la réalité, descendre en profondeur, entre les éléments végétaux, à la découverte d'un détail : une épine, une moisissure, la courbure particulière d'une feuille. LĻil, alors, met à feu cet unique élément et en imprime le contour sur la pellicule et sur la rétine, pendant que l'espace autour se dissout dans un ensemble confus et décoloré d'ombres et de couleurs. Et la ligne de cet horizon herbeux, paradoxalement près de notre regard, est l'unique image limpide qui reste.
Francesca Boenzi |
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